Mort à Venise

David Graeber nous a quitté d’une manière bien trop frustrante, des suites d’une longue maladie, il y a juste une semaine. Au delà de l’effet de surprise et de tristesse j’éprouve quelque chose qui s’apparente à de l’inquiétude. Je sais, maintenant, que nous n’aurons plus l’opportunité de découvrir ses nouveaux éclairages sur le monde d’aujourd’hui, d’hier et, par conséquence, de demain. D. Graeber était anthropologue mais il enseignait aussi l’économie. Au moment de sa mort, il était professeur à la London School of Economics. Il mettait simplement les évidences en perspective. Il était aussi clair que désarmant. Il y a quelques jours, à la radio, un économiste exprimait son regret en raison de son approche particulière de l’économie. Ces points de vue étaient pragmatiques, évidents de simplicité, sans excès de pessimisme, ni de naïveté et loin du populisme qui anime les mouvements orientés par une démarche de conquête du pouvoir.

Le plus étonnant est que, malgré ses engagements radicaux, on voit peu de critiques négatives ou d’attaques à son encontre. Je ne sais si cela est dû à sa bonne tête, à son sourire, à ses origines, ou à sa simplicité apparente.

Sa mère Ruth Rubinstein Graeber d’origine polonaise, était une ouvrière dans la confection, elle a joué dans la comédie musicale «Pins and Needles» organisée par son syndicat et diffusée à Broadway, pour soutenir un mouvement de gréve à la fin des années 30. Son père Kenneth qui a combattu avec les républicains pendant la guerre civile espagnole avait un travail de col bleu dans une imprimerie offset.

D’après ses dires, il prenait soin, par souci scientifique, d’isoler au mieux ses recherches de son activisme anarchiste; il appréciait peu qu’on l’affuble de ce qualificatif. Je n’omettrai pas de signaler ses ennuis avec son employeur, l’université de Yale à New-York. J’ai cru comprendre que cet établissement était substantiellement financé par des institutions proches de Wall Street. Une sorte de conflit d’intérêts s’est produit lorsqu’il a été sollicité par le mouvement « Occupy Wall Street« . Il aurait été à l’origine du slogan si rassembleur : « Nous sommes les 99%! », on s’étonne de ne pas l’avoir pensé avant, cela s’adressait au monde de la finance depuis le quartier de la bourse de New-York…

Sa page Wikipedia est entrain de s’enrichir à vitesse grand « V » depuis son décès, cela révèle peut-être l’importance de son œuvre.

Je prendrai le temps de parler, dans des articles avenirs de ses ouvrages qui motivent et aident tant à comprendre notre monde d’aujourd’hui.

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